Bunia, le 5 décembre 2025 – Dans un contexte national marqué par l’urgence écologique et un thème gouvernemental ambitieux – « Mobilisons deux millions d’arbres pour des villes durables et vertes » – la Caritas-Développement du Diocèse de Bunia a organisé une commémoration dynamique et symbolique de la Journée Nationale de l’Arbre. L’activité s’est tenue ce jeudi dans l’enceinte de l’École Primaire Carmel de Miala, en présence des autorités scolaires, des enseignants, des élèves et de plusieurs invités de marque, dont des représentants des chefferies locales, de la société civile et des services étatiques de l’environnement.
Cette célébration, bien plus qu’un rituel, s’inscrit dans le cadre concret du projet « Contribution à la restauration des écosystèmes dégradés et à la conservation de l’environnement dans la ville de Bunia et ses périphéries ». Financé par la CAFOD, ce projet vise à apporter une réponse locale à un défi colossal, tant pour la province de l’Ituri que pour la planète.
Une célébration sous le signe de la sensibilisation et de l’action
Pour marquer cette journée instituée par décret présidentiel en 1984, Caritas Bunia a opté pour une approche pédagogique et artistique. Les élèves ont été au cœur de l’événement, présentant des pièces de théâtre vert, des poèmes et des chansons tous centrés sur les thématiques du reboisement, de la protection des forêts et de l’équilibre environnemental. Ces créations ont rappelé avec force la signification profonde de l’arbre, décrit dans les Écritures comme un « lien entre Dieu et les hommes », et son rôle vital pour l’humanité : purification de l’air, régulation du climat, lutte contre l’érosion et préservation de la biodiversité.
Le point d’orgue de la journée a été la plantation solennelle d’arbres dans la cour de l’école, un geste symbolique fort qui traduit en action la volonté de transmettre un héritage vert aux générations futures.
Un projet ancré dans la réalité d’une province en souffrance
Dans son discours, le Représentant du Directeur de Caritas Bunia a dressé un tableau sans fard de la situation environnementale en Ituri. Les données sont alarmantes : en 2024 seulement, la province a perdu 40 000 hectares de forêt naturelle, libérant 32 millions de tonnes de CO₂. Une déforestation galopante alimentée par l’insécurité chronique, l’exploitation illégale des ressources, l’agriculture itinérante sur brûlis et les déplacements massifs de populations.
Face à cette urgence, le projet de Caritas se fixe des objectifs clairs :
- Objectif global : Contribuer à réduire la déforestation, enrayer la dégradation des sols et l’appauvrissement de la biodiversité.
- Objectif spécifique : Réduire la déforestation via la distribution et la plantation de plantules d’arbres (ornementaux, écologiques, fruitiers et de bois d’œuvre).
Les bénéficiaires directs sont principalement les communautés éducatives : les écoles EP Étienne Pierre, EP Carmel, EP Mangeya, EP Muhito, Institut Isidore Bakanja, Lycées Likovi et Kigonze, ainsi que le Petit Séminaire de Fataki. Des membres des communautés villageoises de Muhito, Katirogo, Nzere et Miala sont également ciblés.
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Un appel vibrant à la protection des plantations

Le représentant de Caritas a révélé un succès encourageant : 10 496 plantules de diverses essences ont déjà été distribuées aux bénéficiaires. Toutefois, il a tenu à souligner que ce chiffre ne représente que 0,52% des deux millions d’arbres visés par l’objectif national 2025 pour la RDC.
S’adressant aux autorités et à tous les patriotes épris d’environnement, il a lancé un appel vibrant : « Nous formulons nos vœux de ne pas voir ces plantules rester dans la brousse. (…) Un seul arbre planté contribue déjà à la restauration de l’écosystème dégradé et un seul arbre abattu ou mort c’est déjà une perte pour l’écosystème. »
Cet appel résonne comme une prise de conscience collective nécessaire. Le reboisement en Ituri se heurte en effet à des défis immenses : l’insécurité qui entrave l’accès aux sites, les pratiques agricoles, la pression démographique et le besoin crucial de suivi et de protection des jeunes plants.
Une satisfaction partagée et un chemin long à parcourir
L’activité s’est clôturée dans une atmosphère de satisfaction générale, le représentant du Chef de Chefferie des Baboa Bokoe exprimant sa profonde gratitude pour cette initiative. La journée du 5 décembre 2025 à Bunia aura ainsi été une micro-lueur d’espoir, une démonstration que malgré un contexte sécuritaire et écologique extrêmement difficile, la mobilisation locale, appuyée par des partenaires internationaux, est possible.
L’enjeu maintenant est la pérennisation. L’espoir, comme l’a conclu Caritas Bunia, est que « ce projet contribuera tant soit peu à la restauration des écosystèmes dégradés et la conservation de l’environnement (…) avec votre concours bien sûr. » Le verdissement de l’Ituri et de la RDC passe par la somme de ces actions locales, protégées et chéries par chacune des communautés bénéficiaires. Le chemin vers les « villes durables et vertes » est encore long, mais chaque arbre planté à l’EP Carmel de Miala en est un premier pas essentiel.
Communication Caritas Bunia




