Bunia, 29 juillet 2025 – Dans un communiqué de presse poignant publié ce jour, la Caritas Bunia a exprimé son indignation face à la recrudescence des violences en Ituri, dénonçant l’inaction des autorités congolaises et de la communauté internationale. Alors que plus de cent civils ont été massacrés en juillet 2025, l’organisation catholique lance un cri d’alarme : l’Ituri sombre dans un chaos sans précédent, malgré quatre ans d’état de siège.
L’échec tragique de l’état de siège
Instauré en mai 2021 par le Président Félix Tshisekedi pour rétablir la paix, l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu devait neutraliser tous les groupes armés, restaurer l’autorité de l’État et protéger les populations. Quatre ans et près de 100 prorogations plus tard, le bilan est accablant :
- De nouveaux groupes armés ont émergé, plus violents que jamais.
- L’impunité règne, aucune enquête sérieuse n’est menée contre les auteurs des massacres.
- Des complicités militaires sont dénoncées, comme lors du massacre de Lopa, où des miliciens CODECO ont profané la Paroisse Saint Jean de Capistran et vandalisé le presbytère sous le regard passif des forces de sécurité.
Komanda, nouvelle cible d’une violence barbare
La nuit du 27 juillet 2025 restera gravée dans la mémoire des habitants de Komanda. Quelques heures après des célébrations joyeuses marquant le jubilé d’argent du groupe « Croisade Eucharistique », des assaillants identifiés comme des rebelles ADF/NALU ont lancé une attaque d’une brutalité inouïe :
- Plus de 40 civils tués, majoritairement des jeunes catholiques massacrés dans la salle polyvalente de la paroisse.
- Enlèvements, incendies et panique généralisée, provoquant un exode massif vers Bunia, Beni et Kisangani.
- Suspension des activités économiques et religieuses, aggravant une crise humanitaire déjà critique.
Silence coupable et complicité passive
La Caritas Bunia fustige le silence complice des autorités congolaises et provinciales, qui n’ont ordonné aucune enquête immédiate ni présenté de condoléances aux familles des victimes. Pire, la MONUSCO, pourtant stationnée à moins de 3 km des lieux des attaques, n’est pas intervenue.
Exigences immédiates de la Caritas
Face à cette tragédie, la Caritas Bunia exige :
- La levée immédiate de l’état de siège, jugé inefficace et rejeté par la population.
- Le remplacement des militaires et policiers déployés à Komanda et Lopa, accusés de complicité.
- Une refonte urgente des stratégies de protection des civils pour éviter de nouveaux massacres.
Un appel à l’unité et à la solidarité
En ces moments douloureux, la Caritas appelle la population à rester unie et à rejeter les divisions instrumentalisées par les ennemis de la paix. « L’union fait la force. Seule cette solidarité pourra briser le cycle infernal de la violence », insiste le Rév. Abbé Justin Zanamuzi, Directeur de la Caritas Bunia.
L’Ituri, terre martyre livrée à elle-même
Avec l’émergence d’un nouveau mouvement rebelle (la Convention pour la Révolution Populaire) fondé par Thomas Lubanga depuis l’Ouganda, et les alliances troubles entre FARDC et milices, l’Ituri plonge dans un chaos sans précédent. La population, abandonnée, ne sait plus à qui se fier.
Un ultime cri vers la communauté internationale
La Caritas Bunia :
- Implore les belligérants à épargner les civils.
- Interpelle le gouvernement congolais et la MONUSCO : leur silence équivaut à une complicité criminelle.
- Demande une enquête internationale pour sanctionner les responsables.
- Prie pour la paix en Ituri, « terre martyre où le sang coule quotidiennement ».
« L’Ituri saigne, l’Ituri pleure, mais l’Ituri ne mourra pas », conclut le communiqué. Combien de morts faudra-t-il encore pour que le monde ouvre les yeux ?
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Communication Caritas Bunia





