Ebola en Ituri

Epidémie d’Ebola en Ituri – RD Congo : Caritas Bunia premiers gestes et cri de cœur pour la protection des personnes déplacées

Bunia, le 21 mai 2026 – Alors qu’une nouvelle épidémie de la Maladie à Virus Ebola (MVE) vient d’être officiellement déclarée dans les Zones de Santé de Bunia, Rwampara, Mongbwalu et Nyankunde, la Caritas Bunia tire la sonnette d’alarme. La Coordinatrice des Urgences, la Révérende Sœur Angèle Gapio, met en garde : si le virus pénètre dans les deux grands sites de déplacés internes de la ville – ISP et Kigonze –, la conséquence serait une catastrophe sanitaire et humanitaire sans précédent, au vu des conditions de vie misérables qui y règnent.

Contexte épidémiologique : quatre zones de santé sous tension

Le gouvernement congolais, à travers le ministère de la Santé a confirmé la résurgence de la Maladie à Virus Ebola en Ituri, touchant les Zones de Santé de Bunia (chef-lieu), Rwampara, Mongbwalu et Nyankunde (zones reculées marquées par l’insécurité). En ce jours, plusieurs cas confirmés ont déjà été enregistrés, et les équipes de riposte travaillent d’arrache-pied pour tracer les contacts et éviter une propagation.

Mais pour Caritas Bunia, une véritable poudrière se trouve à Bunia même : les sites de déplacés internes ISP et Kigonze, qui hébergent des milliers de familles fuyant les violences armées qui déchirent l’Ituri depuis des années.

Sites ISP et Kigonze : des bombes à retardement sanitaire

Selon le récent constant de la Caritas Bunia, les conditions de vie dans ces deux sites sont alarmantes :

  • Promiscuité extrême : des familles entières entassées dans des abris de fortune en bâches plastiques où parfois à 8 ou 10 personnes vivent dans moins de 10 m².
  • Accès insuffisant à l’eau potable : peu de bornes fontaines, files d’attente interminables aux points de ravitaillement en eau potable.
  • Absence quasi totale de latrines fonctionnelles : défécation en plein air ou dans des fosses rudimentaires, pouvant favoriser la propagation des maladies.
  • Malnutrition chronique : affaiblissant les systèmes immunitaires des enfants et des adultes.
  • Mobilité constante : les déplacés vont et viennent entre les sites d’hébergement, les marchés, et les familles d’accueil, rendant quasi impossible le traçage des contacts en cas d’Ebola.

« Si un seul cas d’Ebola est détecté à ISP ou à Kigonze, ce sera l’explosion. Dans ces conditions de promiscuité, un malade contaminera des dizaines de personnes en quelques heures. Les gestes barrières y sont très difficiles à appliquer : comment se laver les mains quand on partage un robinet pour 4077 Ménages soit 16308 personnes du site ISP et 5055 soit 18765 personnes du site Kigonze ? Comment isoler un malade quand on dort à même le sol avec ses voisins ? » – Révérende Sœur Angèle Gapio, Coordonnatrice des Urgences à Caritas Bunia.

Riposte immédiate de Caritas Bunia : sensibilisation de proximité et remontée d’informations

Consciente de l’urgence, Caritas Bunia a déjà déployé une première ligne de défense dans les deux sites de déplacés ISP et Kigonze. Grâce à ses propres moyens,  elle a remis aux comités de représentation des sites des équipements et moyens de fonctionnement.

Ainsi, chaque site a reçu deux mégaphones pour diffuser les messages de prévention – lavage des mains, identification des signes d’Ebola, importance des enterrements sécurisés – en swahili, lingala et langues locales. Pour assurer l’autonomie de ces mégaphones sur plusieurs semaines, trois boîtes de six paires de piles ont été fournies par site, soit 18 piles par site. Une boîte de cache-nez a également été remise à chaque site afin d’offrir une protection minimale aux sensibilisateurs lorsqu’ils sont amenés à avoir des contacts rapprochés avec les déplacés.

Enfin, Caritas Bunia a alloué 50 dollars américains par site pour l’achat de crédit de communication afin d’alerter en cas de suspicion de la maladie. Cet argent permet aux sensibilisateurs de remonter immédiatement au service médical de la Zone de Santé de Bunia tout cas suspect ou tout décès inexpliqué, et d’alerter également sur d’éventuels cas provenant des zones de santé déjà affectées (Nyakunde, Rwampara ou Mongbwalu). Chaque heure gagnée dans la déclaration d’un cas peut sauver des vies.

Pourquoi une simple sensibilisation ne suffira pas – appel à l’aide d’urgence

Malgré cette action rapide, la Sœur Angèle Gapio est lucide : « Les mégaphones et les cache-nez ne sont pas un centre de traitement. Nous avons besoin de bien plus pour éviter le drame. » Les besoins immédiats pour ISP et Kigonze sont :

  • Points d’eau améliorés avec chlore pour un lavage fréquent des mains.
  • Kits d’hygiène d’urgence : seaux avec robinet, savon, eau de javel, bâches pour créer des mini-cloisonnements dans les abris.
  • Thermo-flashs pour prendre la température des nouveaux arrivants.
  • Formation des relais sur la détection précoce des signes d’Ebola (fièvre, vomissements, saignements).
  • Une unité mobile d’isolement (tente ou conteneur) sur chaque site pour éviter de transporter un suspect à travers toute la ville.

Les conséquences catastrophiques si Ebola frappe ISP ou Kigonze

Caritas Bunia, avec l’aide de ses experts, a modélisé l’impact qu’aurait une introduction non maîtrisée du virus dans les sites ISP et Kigonze. Les conséquences seraient catastrophiques :

  • Mortalité massive : l’absence de centres de traitement à proximité immédiate condamnerait de nombreuses vies.
  • Fuite des déplacés : paniqués, des milliers de personnes quitteraient les sites pour retourner dans leurs villages d’origine ou se réfugier chez des proches, disséminant ainsi le virus dans toute l’Ituri.
  • Stigmatisation et violences : la population de Bunia accuserait à tort les déplacés d’être les vecteurs de la maladie, ce qui pourrait provoquer des violences entre les deux communautés.
  • Effondrement des services existants : les agents de santé du site Kigonze, déjà surmenés, seraient submergés.
  • Absence d’infrastructure sanitaire : le site ISP ne dispose d’aucun poste de santé.

« Nous avons vu lors des épidémies précédentes au Nord-Kivu et en Ituri comment Ebola se propage. L’Ituri ne doit pas revivre cela. Nous lançons un appel urgent à l’OMS, à l’UNICEF, au gouvernement congolais et à nos partenaires : venez renforcer notre action avant qu’il ne soit trop tard. » – ajoute Sœur Angèle.

Appel à la prière, à la solidarité et à l’action

La Caritas Bunia, sous l’autorité du diocèse de Bunia, appelle tous les chrétiens et les hommes de bonne volonté à :

  • Prier pour que le virus soit contenu loin des sites de déplacés.
  • Signaler tout cas suspect dans son entourage (pas d’automédication, ne pas toucher un malade sans gants).
  • Faire un don pour acheter des thermos-flashs, des bâches et du chlore.

L’épidémie d’Ebola en Ituri ne fait que commencer, mais le temps presse. Grâce aux mégaphones offerts par Caritas Bunia, les femmes, hommes et enfants d’ISP et Kigonze sauront désormais comment se protéger. Mais ils ont besoin de bien plus. La Révérende Sœur Angèle Gapio et toute l’équipe de Caritas Bunia restent mobilisées, avec foi et détermination, pour empêcher que ces deux sites ne deviennent des tombeaux à ciel ouvert.

« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » (Matthieu 25,40).

Pour toute urgence Ebola à Bunia : Appeler le numéro vert Caritas Bunia : 0819039922 – de 8h à 16h.

Communication Caritas Bunia

Your contribution for a great mission:
support us in bringing the Pope’s words into every home

Categories

Kiosque Ebola
Général
Résilience communautaire_Caritas Bunia
Protection
Cardinal Ambongo
Eglise
Conseil d'Administration
Général
CENCO
Général
Enterrements clandestins ches les PDIs
Santé
Scroll to Top
?>